Souveraineté et 51e État américain : des Premières Nations déplorent leur isolement
Certains membres et chefs des Premières Nations se prononcent formellement contre l’idée du président Trump de faire du Canada le 51e État américain, mais ils dénoncent aussi l’attitude des premiers ministres au Canada à leur égard. Robert Falcon Ouellette, professeur en éducation à l'Université d'Ottawa et membre de la Nation crie Red Pheasant, dit que plusieurs chefs, dont la cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations, Cindy Woodhouse-Nepinak, sont alarmés par les propos du président des États-Unis. D’autres y voient une leçon que les politiciens allochtones apprennent à la dure. Le professeur de l'Université d'Ottawa souligne l’absence de représentants autochtones au sein de la délégation canadienne qui s'est rendue à Washington ce mois-ci, pour dissuader le président américain d'imposer des tarifs douaniers sur les importations canadiennes. Robert Falcon Ouellette en tire cette conclusion : Il est toutefois prêt à donner le bénéfice du doute aux principaux intéressés. Je pense que c'est une erreur, mais peut-être que ça allait un peu trop vite pour les premiers ministres canadiens. De son côté, le Conseil des Mohawks de Kahnawake (CMK) s'est montré beaucoup plus ferme dans sa réponse à l'appel du premier ministre Justin Trudeau, qui demande de soutenir les efforts du gouvernement canadien pour faire pression contre les menaces provenant du sud de la frontière. Le Conseil écrit aussi ceci dans une autre lettre : La réponse du chef de la Nation Dakota Standing Buffalo, Rodger Redman, mentionne également cet héritage historique. Il rappelle aussi la résistance de sa nation durant la guerre de 1812. Avec les informations de Camille Poulat, Campbell Stevenson et Nico PevyLes Autochtones, ils ont déjà subi ça, la violation des Traités [et être dans] une position de pouvoir déséquilibrée
, déclare Robert Falcon Ouellette.Soutenir… mais dans l’ombre
Les Premières Nations sont vues comme [des entités] qui [ne sont] pas vraiment des partenaires intégrales de la société canadienne. Elles sont plutôt [perçues] comme quelque chose qui doit [être géré].
Nous n'apporterons pas notre soutien à un gouvernement qui, historiquement, n'a pas tenu compte des droits des Autochtones et a participé à des tentatives systémiques d'effacement des peuples des Premières Nations
, indique le CMK dans un communiqué de presse.Territoires non cédés
Il serait impossible d'envisager que le Canada devienne le 51e État [des États-Unis] étant donné qu'une grande partie du pays est encore constituée de terres non cédées par les Premières Nations et que ces intérêts n'ont pas été pris en compte.
Notre peuple a déjà vécu cette histoire d'expansionnisme, et nous y avons résisté à chaque étape
, écrit-il dans une lettre.Nous avons joué un rôle essentiel dans l'arrêt de l'expansion américaine dans les territoires sous contrôle britannique.
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